Les dernières années, 1691-1731

  1. Et la vie continue, cinq baptêmes, un mariage et un enterrement.
  2. Achat et vente de terrains
  3. Le dernier de la lignée
  4. Son décès
  5. La suite pour Marie-Anne
  6. Second inventaire, second mariage

Et la vie continue, cinq baptêmes, un mariage et un enterrement.

Jacques Charles naît le 21 septembre 1690 et est baptisé le 22. Le parrain est Charles Chartier, 24 ans, marchand établi à Québec et la marraine Catherine Joly, 13 ans, possiblement la fille de Jean Joly, le voisin. C’est le troisième membre de la famille Joly à occuper un tel rôle.

Le 10 janvier 1692, c’est une première. Le mariage de Marie-Suzanne avec Louis Guay, le fils de Jean, le troisième voisin !

Le 21 janvier 1692, on fête l’arrivée de Joseph. Joseph Couture, 21 ans, le fils de Guillaume Couture et Marie-Marthe Lemieux, 16 ans, la fille de Gabriel Lemieux, un voisin… de la terre 18 seront parrain et marraine au baptême le 22. Malheureusement, le petit Joseph décédera une semaine plus tard.

Marie-Suzanne et Louis Guay auront leur premier fils 13 mois plus tard, le 10 février 1693 ; leur deuxième en 1695 et leur première fille le 25 janvier 1697. Et regardez les dates d’accouchement de Marie-Anne pour les prochains. Ça devait tricoter fort dans les chaumières !

Geneviève arrive le 11 février 1693, en forme ! Elle sera baptisée le 12. Son parrain est Jean Boucher De Monbrun, sa marraine Geneviève Rochon, 16 ans, la fille de Simon Rochon. Quatre mois plus tard, Geneviève, la marraine, se marie avec Louis Marchand et décédera deux mois après son mariage. Jean Boucher, lui, est le fils de Pierre Boucher, gouverneur de Trois-Rivières, fondateur et seigneur de Boucherville ; commandant de milice, il a participé à plusieurs campagnes contre les Iroquois ; il se marie avec Françoise-Claire, la fille d’Étienne Charest, le seigneur de Lauzon.

Deux ans plus tard, le 8 mars 1695, c’est la naissance de Jean-Baptiste, baptisé le jour même. Le parrain est Jean Delguel, assistant magasinier arrivé avec le régiment de Carignan et qui s’était établi à Québec. La marraine est Geneviève Joli, 16 ans, la fille de Jean, des habitués des baptêmes.

Presque comme un métronome, deux ans encore et c’est l’arrivée d’un second Joseph, le 8 mai 1697 et baptisé la même journée ! Le parrain est Jacques Chauvaux, 29 ans, le fils de Jean-Marie, un voisin et la marraine Charlotte Lemieux, 20 ans, la fille de Gabriel, lui aussi un voisin.

Achat et vente de terrains

C’est ici qu’il semble manquer quelque chose pour comprendre toute l’histoire des terres !

Le 22 octobre 1697, Jacques achète un terrain de Michel Buisson, une terre de 2 1/2 arpents de large, bornée par Louis Bégin et Gabriel, maître tonnelier (probablement Lemieux). Ce serait la terre 18 (près de l’actuelle rue Saint-Omer) où Jacques se serait établi initialement.

Vente d’une terre située en la seigneurie de Lauson ; par Jean-François Buisson, procureur du Séminaire de Québec, faisant et ce acceptant fort pour Michel Buisson dit Saintcomme, à Jacques Samson, de la côte de Lauson[1].

Cette même journée, toujours devant Rageot de St Luc, il vend à Louis Guay, une terre de 3 arpents de large, bornée par Michel Lecours et Ignace Guay. Ce serait probablement la terre à l’est de Lauzon, même si les voisins ne concordent pas tout à fait ! Quand avait-il acheté cette dernière, quand avait-il vendu la première ? Mystère.

Le dernier de la lignée

Louis, le petit dernier, arrive le 27 octobre 1698 et est baptisé le 28. Son parrain est Louis Marchand, le veuf de Geneviève Joli. La marraine est Marie Angélique Ayot, identifiée, dans un baptême célébré à Québec une semaine auparavant, comme femme de chambre de Mme De Vaudreuil, elle-même l’épouse de Philippe de Rigaud de Vaudreuil. Militaire ruiné en France, il émigre au Canada et se distingue dans les guerres contre les Iroquois ; il est nommé gouverneur de Montréal en 1698 et gouverneur de la Nouvelle-France en 1703. Est-ce que Jacques essayait de se tisser des liens en haut lieu par une porte dérobée ???

Son décès

Jacques décède le 3 mai 1699, à l’âge de 52 ans, muni de tous les sacrements, la même journée où on procède à l’inhumation d’une de ses filles, Françoise Geneviève, âgée de 14 ans, décédée la veille, elle aussi munie de tous les sacrements.

Jacques sera inhumé le lendemain, le 4, lui aussi dans le cimetière de la paroisse par le curé Boucher. En présence de Louis Bégin et Simon Rochon. Y avait-il d’autres témoins ? Marie-Anne y assistait-elle ?

On note dans le registre de l’Hôtel Dieu de Québec la présence à l’hôpital de Marguerite le 27 mars, 1 avril, 18 mai, celle de Marie-Anne le 19 mai (deux semaines après le décès de Jacques) et possiblement Marie Suzanne le 30 mai. Y avait-il un problème familial, une maladie contagieuse quelconque ? On sait qu’il y a eu une épidémie de petite vérole en 1699… y a-t-il un lien ?

Dans l’inventaire des biens de la communauté fait en 1709, on indique que Marie-Anne doit se faire rembourser différentes dépenses, dont celle-ci :

Payé au sieur Belisle chirurgien pour un voyage fait à la coste de Lauzon et pour remède par luy fourny a Françoise Samson qui mouru le même jour que son père, 4 livres[2]

La suite pour Marie-Anne

Marie-Anne se retrouve veuve avec dix ou douze enfants à la maison, âgés de 1 à 23 ans. Peut-être une bonne raison d’aller à l’hôpital… ! Louis Guay, le gendre de Marie-Anne, est nommé tuteur des mineurs.

Un an plus tard, le 18 juin 1700, un inventaire détaillé des biens de Jacques Samson est fait par le notaire Métru.

On y retrouve de tout : la terre de deux arpents et demi et une habitation, estimée à 400 livres, un hangar 150 livres, une cabane 20 livres, deux bœufs de travail 180 livres, trois vaches, 60 livres, des meubles, des outils, des couvertures six prisées à 30 livres, trois méchantes à 6 livres… Le tout d’une valeur de plus de 1258 livres et 10 sols. Tout cela revient à Marie-Anne.


Le même jour, elle signe un bail de 9 ans avec son fils Ignace, âgé de 24 ans. Elle lui laisse la terre et l’habitation avec les animaux et tout ce qu’il faut pour tenir maison ; en retour, il devra prendre charge de ses trois jeunes frères, aider sa mère à régler ses dettes et lui fournir différentes choses, comme du beurre, dix cordes de bois et deux cochons par an… Trois semaines plus tard, Ignace se marie avec Charlotte Lemieux, la fille de Gabriel qui occupe le terrain voisin et ils vivront sur la terre précédemment occupée par Jacques !

Une fois tout réglé, elle aurait déménagé à Québec avec ses autres enfants. On sait qu’elle est à Québec le 1er septembre 1700.

En 1708, elle prend obligation de vendre dans un an à Jean Carrier et son épouse Marie Jeanne Samson, sa fille, la terre de 2 1/2 arpents ; elle accepte une avance de 214 livres sur un total prévu de 550.

Le 23 février 1709, la terre est vendue à Jean Carrier et son épouse ; Ignace, lui, déménagera à Québec.

Cette même journée, devant le notaire Chamballon, elle établit le compte des biens de la communauté familiale, ce qui lui revient et ce qui revient à ses enfants. Une fois toutes les dettes payées, il reste 322 livres et 18 sols à partager moitié-moitié entre elles et ses enfants. Et comme elle a droit à ses 300 livres personnels comme stipulé au contrat de mariage, son douaire de 400 livres et la moitié du cout des planches et de la fosse pour l’enterrement de Jacques… les enfants devront lui rembourser 247 livres et 11 sols en plus de lui laisser le petit montant de 162 livres qui devait leur revenir. Et elle est toujours propriétaire de la maison évaluée à 570 livres qu’elle devra vendre pour couvrir les dettes. Les enfants renonceront à l’héritage, Marie-Anne partira avec tout et vendra la maison 525 livres.

Second inventaire, second mariage

En 1710, elle réside sur la rue Saint-Pierre, à Québec. Le 21 novembre , elle fait un autre inventaire, devant le notaire Dubreuil, avant son mariage avec Claude Philippeaux, marchand, maitre tailleur d’habit installé sur la rue Sault au Matelot.

Elle vécut assez bien pour le temps si l’on juge par le contenu de cet inventaire.

Il y est écrit tout ce qu’il a trouvé dans la cuisine, la cave, le grenier, la cour. Autre détail intéressant : « en argent monnoyé a été trouvé trois cents livres en cartes monnaie ayant cours ici ». De plus, différentes personnes lui doivent en tout deux cent trente-cinq livres. Elle-même n’a aucune dette.[3]

Elle se marie avec Claude Phillipeaux le 24 novembre 1710 à Québec, elle a 54 ans et lui environ 72 ! Lui mourra 2 1/2 ans plus tard.

Elle part en France à l’automne 1713 et s’engage à rapporter des marchandises de France l’an prochain, pour 100 écus, à Marie-Madeleine Dion, de l’Ile d’Orléans.

Le 15 octobre 1722, elle vend à Jean Gely, pour 100 livres, « … une petite maison de pièces sur pièces joignant le dit acquéreur de 16 pieds sur une face et douze sur l’autre couverte de planches, consistant en une chambre et grenié au dessus ainsi que le tout se comporte… »[4] Jean Joly est sur la terre 8, voisine de l’ancienne terre de Jacques et qui semble avoir été léguée ou vendue à Étienne comme on verra plus loin !


Elle décède le 26 mars 1731 et sera enterrée le lendemain à Lauzon, à l’âge de 75 ans.

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[1] (Rageot de Saint Luc)

[2] Compte des biens de la communauté, 23 février 1709

[3] (Samson M. , Fête du Tricentenaire, 1966, p. 14)

[4] François Rageot de Beaurivage, 15 octobre 1722

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